Jardin en automne : le guide étape par étape
Préparer son jardin en automne : estimer la première gelée, vider les planches d'été, calculer les derniers semis et protéger ce qui passe l'hiver dehors.
Le jardin en automne n'est pas un été raccourci. C'est une saison qui a sa propre logique : la lumière baisse, la croissance s'arrête presque, et seules réussissent les plantes déjà installées avant ce coup de frein. Si vous semez la même laitue deux fois à quinze jours d'intervalle, le second semis ne rattrapera peut-être jamais le premier.
L'automne se joue donc davantage en planifiant qu'en plantant. Quatre décisions portent toute la saison : quand arrive habituellement votre première gelée, ce que vous retirez des planches d'été, quelles fenêtres de semis restent ouvertes et ce que vous couvrez avant la première nuit froide. Prises dans cet ordre, elles font que le potager produit jusqu'à l'hiver au lieu de rester vide dès septembre.
Étape 1 : estimez votre première gelée
Toutes les dates d'automne se comptent à rebours depuis la première gelée. C'est le chiffre dont vous avez besoin avant d'acheter le premier sachet de graines.
| Région | Première gelée habituelle | Ce que cela change pour vous |
|---|---|---|
| Midi méditerranéen : Provence, Languedoc, Roussillon | Décembre, voire jamais | L'automne est votre principale saison de culture |
| Façade atlantique : Bretagne, Vendée, Landes | Fin novembre à décembre | Automne long mais très humide, la pourriture coûte plus cher que le froid |
| Bassin parisien et Val de Loire | Mi-octobre à début novembre | Environ six semaines utiles après l'équinoxe |
| Nord et Est : Champagne, Lorraine, Alsace | Mi-octobre | Les semis se terminent en août, septembre est consacré aux plants |
| Reliefs au-dessus de 600 m : Massif central, Jura, Alpes, Pyrénées | Fin septembre à début octobre | Semer n'a plus d'intérêt : place à la protection et au stockage |
Ce sont des fourchettes habituelles, pas une promesse. Votre jardin peut se situer une à deux semaines de part et d'autre. Un mur exposé au sud, une pente par laquelle l'air froid s'écoule ou un jardin en ville retardent la première gelée. Un fond de vallée, un champ ouvert ou une parcelle exposée l'avancent. Si vous hésitez sur votre situation, le guide des zones climatiques européennes explique comment vous situer.
Notez cette date quelque part. Tout ce qui suit y revient.
Étape 2 : videz les planches d'été, mais pas toutes
Le nettoyage d'automne passe pour une question d'ordre. Il s'agit en réalité de maladies, et de ce que devient la terre pendant l'hiver.
Arrachez et ne compostez pas :
- Le feuillage de tomate et de pomme de terre au moindre signe de mildiou
- Les feuilles de concombre et de courgette couvertes d'oïdium
- Toute plante qui s'est effondrée sans que vous en compreniez la cause
Coupez au ras du sol, mais laissez les racines en place :
- Haricots et pois. Les nodosités des racines contiennent de l'azote, et les arracher le gaspille
- Maïs et autres tiges volumineuses, broyés fin pour le tas de compost
Laissez tranquille :
- Les cultures qui produisent encore. Une courgette en fin de course ne vous coûte rien
- Les têtes de graines et les tiges creuses du massif d'ornement. Elles nourrissent les oiseaux et abritent les insectes, et sous le givre elles valent mieux qu'une terre nue
Une règle compte plus que toutes les précédentes : ne laissez pas le sol nu. Une terre découverte pendant un hiver humide perd sa structure et ses éléments nutritifs, et vous la retrouvez tassée au printemps. Ce qu'il faut mettre dessus, c'est l'étape 5.
Étape 3 : calculez à rebours votre dernier semis
Les semis d'automne échouent surtout pour une raison : on se fie au nombre de jours avant récolte imprimé sur le sachet. Ce chiffre a été mesuré sous la lumière du printemps et de l'été.
Dès que la durée du jour passe sous les dix heures environ, la croissance s'arrête pratiquement. Les plantes restent vivantes et se récoltent, mais elles ne grossissent plus. En France ce palier commence dans la première quinzaine de novembre et dure jusqu'à début février. Ce que vous voulez manger avant doit être formé avant.
Pour tout ce que vous semez après la mi-août, ajoutez donc deux à quatre semaines à l'indication du sachet :
Dernière date de semis = première gelée − (jours avant récolte + 14 à 28 jours)
| Culture | Jours avant récolte | Semer au plus tard | Supporte |
|---|---|---|---|
| Radis 'De 18 jours' | 25–30 jours | 8 semaines avant la gelée | Les gelées légères |
| Roquette | 30–40 jours | 8–9 semaines avant | Environ −7 °C |
| Épinard 'Géant d'hiver' | 40–50 jours | 8–10 semaines avant | Environ −10 °C, davantage sous voile |
| Navet 'De Milan' | 45–60 jours | 9 semaines avant | Environ −5 °C |
| Laitue 'Merveille d'hiver' | 60–70 jours | 10 semaines avant | Environ −5 °C sous voile |
| Mâche 'Verte de Cambrai' | 60–70 jours | 10 semaines avant | Les fortes gelées, sous tunnel |
| Blette 'Verte à carde blanche' | 55–60 jours | 9–10 semaines avant | Environ −5 °C, elle repart au printemps |
| Chou kale | 55–75 jours après plantation | Planter 10–12 semaines avant | Environ −15 °C, et le goût s'améliore |
Deux cultures sortent de ce tableau parce qu'on ne les plante pas pour la récolte de l'année. L'ail entre en terre en octobre et novembre et ressort en juillet : les dates par climat sont dans planter de l'ail en automne. La fève 'Aguadulce à très longue cosse' se sème à partir de fin octobre et se récolte plusieurs semaines avant un semis de printemps.
Comblez les trous du potager le jour même où ils apparaissent. Préparez vos plants en mottes deux semaines à l'avance et repiquez dès que la culture d'été sort. Laitue, épinard, blette et chou kale supportent très bien le repiquage. La version mois par mois se trouve dans que planter en octobre.
Étape 4 : couvrez ce qui reste dehors
Protéger en automne ne consiste pas à survivre à la nuit la plus froide de l'hiver. Il s'agit de conserver de la chaleur en octobre et novembre pour que les plantes poussent encore, et d'éloigner la pluie de feuilles qui pourriraient sinon.
- Le voile d'hivernage de 17 à 30 g/m² vous apporte environ 2 à 3 °C. Deux épaisseurs donnent un peu plus mais coupent beaucoup de lumière : réservez-les aux nuits de gel
- Un tunnel bas ou une cloche apporte autant et, surtout, garde le feuillage sec
- Un châssis froid décale la planche d'environ une bande climatique vers le sud, ce qui suffit à mener mâche et laitue d'hiver jusqu'au printemps
- Le paillage de paille ou de feuilles broyées, 5 à 8 cm, sur tout ce que vous laissez en terre pour plus tard : poireau, panais, carotte, betterave
Couvrez tard, aérez souvent
Poser le voile en septembre plutôt qu'en octobre donne une pousse molle et gorgée d'eau qui gèle quand même. Attendez que le froid soit réellement annoncé. Et ouvrez les protections les journées douces et sans vent : sur un hiver entier, on perd plus de plantes par pourriture sous une couverture fermée que par le gel.
Étape 5 : donnez du travail aux planches vides
Fin septembre, vous aurez des planches sur lesquelles plus rien de comestible n'a le temps de pousser. Elles n'en ont pas fini pour autant.
Semez un engrais vert. Phacélie, féverole, seigle d'hiver et trèfle incarnat s'installent vite, retiennent les éléments nutritifs que les pluies d'automne emporteraient et les restituent quand vous les fauchez au printemps. Sur la façade atlantique et dans le Midi, vous pouvez semer jusqu'à la mi-octobre ; en altitude et dans l'Est, jusqu'à la mi-septembre. Écartez la moutarde partout où votre rotation des cultures place des choux à proximité, car elle partage leurs maladies. Quelle espèce convient à quel trou, c'est détaillé dans le guide des engrais verts.
Là où il ne reste même pas le temps pour cela, étalez 5 cm de compost ou de terreau de feuilles et laissez-le en surface. Les vers de terre l'auront descendu d'ici le printemps, et la structure du sol est protégée tout aussi bien.
C'est aussi le bon moment pour noter ce qui poussait où. En mars vous ne vous en souviendrez plus, et l'automne est la seule période de l'année où vous voyez le potager entier d'un seul coup d'œil.
Étape 6 : rentrez la récolte
Le dernier point concerne ce que vous avez déjà ramassé. Oignons et ail doivent être parfaitement secs avant le stockage, les courges réclament deux semaines de ressuyage au chaud, et les pommes se trient une à une plutôt que de finir versées dans une cagette. Les conditions propres à chaque légume sont dans le guide comment conserver les légumes pour l'hiver.
Faites-le avant la première gelée, pas après. Une gelée légère sur une courge encore au potager lui retire des mois de conservation.
Ce qui rate le plus souvent
| Symptôme | Cause probable | À changer l'an prochain |
|---|---|---|
| Les plantules ont levé puis se sont arrêtées | Semis trop tardif, arrivé dans les jours courts | Semer deux à quatre semaines plus tôt que ne l'indique le sachet |
| Plantes pourries sous le voile par temps doux | Protection fermée, aucun mouvement d'air | Aérer les journées sans vent au-dessus de 8 °C environ |
| Rien n'a levé début septembre | Sol encore au-dessus de 25 °C, classique pour l'épinard et la laitue | Semer en mottes à l'ombre et repiquer une fois la fraîcheur revenue |
| En mars la planche est grise et tassée | Laissée nue tout l'hiver | Engrais vert, ou un paillage de compost |
| Les limaces ont pris tout le semis d'automne | Automne doux et humide plus couverture dense | Espacer davantage, retirer les abris, protéger les jeunes plants |
Comment Plantory vous aide
Tout le jardin en automne repose sur un chiffre différent pour chaque parcelle, et sur la façon dont vous comptez à rebours à partir de lui. Dans Plantory, vous réglez votre localisation une fois, vous obtenez les dates de gelée de votre climat plutôt qu'un calendrier générique, vous voyez quelles fenêtres de semis sont encore ouvertes aujourd'hui, et vous gardez trace de ce qui a poussé sur chaque planche pour que la rotation du printemps s'écrive presque seule.